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Il m’a été souvent demandé comment
m’est venue l’idée de santons wallons.
La réponse n’est pas simple.
Ce fut la conjonction de plusieurs facteurs qui leur donna naissance.
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Prenez donc un ardennais passionné de « walloneries
», mais attiré par cet art populaire qu’était
le santon provençal. Prêtez lui des dons pour le
dessin et un sens aigu de l’observation. Des souvenirs d’enfance
dans un village ardennais (Malempré)…L’envie
de posséder sa crèche loin des banales figurines
plastiques disponibles en magasin.
Mélangez le tout et placez le personnage dans la cour
du palais des princes-évêques où, depuis 1978,
il modelait sur place des vieux et vieilles de chez nous . Et
un soir, quasi plus de terre et quelques heures encore à
prester. Il lui vint l’idée, pour tuer le temps de
réaliser ses personnages en miniature. Le santon wallon
était né et…. aussitôt dérobé
car les badauds les chipaient au fur et à mesure quasi
tous ! Donc, ça pouvait plaire ? |
Et si on les réalisait en série ? Vite dit ! Les premiers
moules se révèlent catastrophiques. Beaucoup de plâtre
gâché dans tous les sens du terme. Il ne reste plus qu’à
faire de l’espionnage industriel au pays des santons. Direction
la Provence pendant les vacances de 1980. Les santonniers débordent
de gentillesse dès qu’ils sentent qu’on s’intéresse
à leur art. Et les ficelles du métier d’apparaître
: les clés de moulage, les rigoles de trop plein, la terre lisse
que l’on estampe, le pinceau mouillé qui estompe les arêtes
trop vives,…
Il n’y avait plus qu’à retrousser ses manches dans
l’atelier du Moulin d’Ecdoval , maison natale de mon épouse
ou je passais mes vacances en famille depuis son mariage.
| Des règles ? On va les inventer....
Le socle sera blanc puisque chez nous Noël, c’est
la neige.
La taille sera de 7,50 cm environ
(Il y a des petites et grandes personnes n’est-ce pas ?)
Un point d’honneur sera de donner à chaque personnage
une tête bien à lui amenant une certaine humanité
à chacun. On n’est pas aussi habile qu’un Carbonel
mais on tente de compenser par des visages bien typés.
Et c’est apprécié.
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La vierge sera couchée avec l’enfant Jésus dans
les bras, emmaillotté à l’ancienne. Joseph, en sarrau,
va se rendre utile. Il fera du feu près de Marie. Il faut être
réaliste quand même ! Vous en avez vu beaucoup de jeunes
parents à genoux, mains jointes près de leur nouveau-né
?
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Autre règle, les enfants, ça existe.
Contrairement aux règlements régissant les santons
provençaux où les enfants n’ont pas droit
de cité à l’exception de « l’enfant
guidant l’aveugle », ceux-ci vont faire leur apparition
:l’acolyte, l’enfant à la luge, le vacher,
l’écolier. Ils n’ont qu’à bien
se tenir, Robert Noirhomme a été instituteur dans
une autre vie…
Dernière transgression des règles provençales,
les santons s’obtiennent en plus de deux demi-moules. Chipoteries
qui permettent d’obtenir des personnages plus déliés.
Le marchand de glace et sa charrette s’obtiennent avec 11
moules !
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